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vendredi 23 octobre 2009

Souffrez-vous de chrématophobie?

Pour la plupart des gens, même parmi les mieux instruits, la nature intrinsèque de l’argent est un mystère total leur inspirant une crainte des pouvoirs du Prince qui, derrière la façade de temple grec de sa Banque, dispose du droit régalien de battre (et de contrefaire) monnaie. Si vous souffrez de chrématophobie – une peur irrationnelle de l’argent – la lecture du livre The Mystery of Banking de Murray Rothbard, dont le Mises Institute publie une nouvelle édition très soignée, pourra être utile à votre thérapie.

Dans son style autant limpide que lapidaire, Rothbard y explique d’abord, exemples simples de bilans à l’appui, l’évolution et le fonctionnement du système bancaire actuel et le rôle central qu’il joue dans l’apparition, puis l’éclatement, des bulles spéculatives. Il dresse ensuite l’histoire de la banque centrale des États-Unis: des deux tentatives du XIXe siècle qui se sont terminées par des épisodes de dépression économique, sur un fonds de scandale politico-financier, jusqu’à la création, en 1913, de la Federal Reserve qui ne fait depuis que pelleter les récessions dans la cour de la prochaine cuvée de politiciens. Pour vous donner une idée de ce que pense Rothbard de cette vénérable institution, il commence son historique ainsi:

«How did this momentous and fateful institution of central banking appear and take hold in the modern world? Fittingly, the institution began in the late seventeenth century England, as a crooked deal between a near-bankrupt government and a corrupt clique of financial promoters. »

On peut commander The Mystery of Banking, pour la modique somme de 20 USD, ici.
Le texte complet est disponible gratuitement ici en version pdf.

vendredi 19 juin 2009

Vers un retour au Gold Standard?

La détoriation du bilan de la Federal Reserve depuis septembre 2008 suscite la crainte que les graines de la prochaine crise économique soient déjà semées. Cette crise résulterait d'une perte de confiance massive dans la valeur du dollar américain qui sert de médium d'échange entre les banques centrales depuis l'abandon définitif, en 1971, des taux de changes fixes basés sur l'étalon or.

La crise financière actuelle remet ainsi à l'agenda un sujet considéré tabou: le retour à la discipline fiscale et monétaire qu'impose la stricte adhésion au Gold Standard. Comme très peu d'économistes défendent présentement cette idée, les nombreux écrits de Murray N. Rothbard, décédé en 1995, sont actuellement en vogue chez les jeunes américains qui se demandent, à juste titre, comment, en plus des déficits engendrés par la crise actuelle, ils parviendront à payer les 100 trillions en programmes sociaux que leurs parents se sont promis en leur nom.

Rothbard fut un des maîtres à penser du mouvement libertarien et longtemps considéré comme un extrémiste, sinon carrément un crackpot. En bref, Rothbard prône l’abolition du fractional reserve banking - qui permet aux banques de garder en réserve moins que l'argent que les déposants leurs ont confié et d'en prêter sans leur autorisation la plus grande partie. Selon lui, ce système bancaire actuel n’est rien de moins que de la fraude. D’ailleurs, il est intéressant de savoir que des banquiers pratiquant le fractional reserve furent à 3 reprises condamnés pour fraude en Angleterre au XIXe siècle et que c’est finalement le House of Lords qui le légalisa. Cependant, ce système est intrinsèquement intenable et les crises financières successives qui en découlèrent amenèrent la création des banques centrales - la nationalisation de l'argent - menant inévitablement à l'abandon "temporaire" du gold standard en 1933, puis définitif en 1971. Les bulles économiques qui ont suivi depuis ne sont que des sous-bulles de la super-bulle du fiat money qui risque bien d'être à la prochaine éclater.

L'abolition du fractional reserve banking rendrait les banques centrales inutiles et, dans un marché de l'argent libre, l'or s'imposerait probablement comme médium d'échange, tout comme l'acier s'est imposé pour la construction de ponts.

Le texte de la première partie du livre de Rothbard "What Has Goverment Done to Our Money?" se trouve ici:

What has Government Done to Our Money?